Le poète est marin, il traverse les mers,
Au dessus des abysses, il vogue dans la houle
Les contrées de l’Esprit, dans lesquelles il se perd,
Où l’eau, comme son sang, sur son bateau s’écoule.
Il crie par tous les vents, ses beaux vers aux orages,
Et quand le tonnerre gronde, et les éclairs font rage,
Il monte sur le pont, et en crie davantage,
Et quand la voix se perd, il écrit une page,
Puis la jette à la mer, comme un mauvais présage.
Quand la pluie coule à flots, tout au long de ses mâts,
Quand l’océan déchaîne, ses gouffres, dans la tempête,
Quand la coque s’effondre, alors il se débat,
En défiant les orages, marin devient poète,
Mais la mer, les éclairs, la tempête le noie,
Laissant à la surface une coque de bois.
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